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Coup de blues


Bertrand Tavernier à Cannes en 2016 — © IAN LANGSDON/EPA


On parle souvent de la connaissance encyclopédique du cinéma de Bertrand Tavernier. Une connaissance encyclopédique, c'est facile, il suffit d'être un bon élève et d'apprendre par coeur.


Tavernier, c'était la passion et l'envie de transmettre cet art populaire qu'est le cinéma. Tavernier, c'était défendre John Huston ou Steven Soderbergh parce qu’il estimait qu'ils n’étaient pas assez considérés. Il défendait les obscurs, les contrebandiers du cinéma américain comme Abraham Polonski.

Avec cette phrase qu'il répétait souvent en interview « Ce film est tout à fait formidable ». C'était un passeur de film, de cinéma, de culture.


Ce qui me frappait le plus c'était son éclectisme : du roman noir (D. Weslake, J.Thomson...) à la Bande dessiné (Quai d'orsay), en passant par les classiques de la littérature française (Madame de la Fayette) ou de blues et de jazz.... Il faisait partie de ces metteurs en scène de cinéma qui allaient souvent au théâtre pour y découvrir de nouveaux talents. Il transmettait, il nous donnait envie de savoir, de connaître.


Tavernier était aussi un cinéaste politique. Avec L.627, il nous montrait les dysfonctionnements de la police, avec « Ça commence aujourd'hui » l'état de nos écoles dans les quartiers des laissés-pour-compte, avec « la vie et rien d'autre » ou « Capitaine Conan », le traumatisme de la guerre 14/18...


Et puis soyons clairs, il n'aimait pas beaucoup les curés, revoyez « Le juge et l'assassin ».


Donc, voilà, il est parti. Il n'y aura plus de films de Bertrand Tavernier. Des films qui nous rendaient intelligents.


Pour redécouvrir Bertrand Tavernier, rendez-vous sur Arte.tv : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020826/hommage-a-bertrand-tavernier-le-passeur-cinephile/

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